3. Heinrich Bullinger

Le 9 décembre 1531, Heinrich Bullinger est élu successeur de Zwingli par le conseil de Zurich. On a bien moins d’informations sur sa vie que sur celle de Zwingli. En effet, il fait partie des réformateurs les plus sous-estimés et dont l’œuvre, surtout dans ses dimensions théologiques, n’a pas encore été exploitée en profondeur.
Bullinger est né le 4 juillet 1504 à Bremgarten (appartenant aujourd’hui au canton d’Argovie.) À 12 ans, il va au lycée de l’Église de Emmerich/Bas-Rhin, qui est fortement influencé par la Devotio moderna (cf. leçon 1.) À partir de 1519, Bullinger fait ses études à Cologne et devient maître des arts en 1522. Au cours de ces années d’études à Cologne, l’attachement de Bullinger pour la Réforme est surtout lié aux écrits de Luther et de Melanchthon. À partir de 1523, Bullinger est professeur dans le monastère cistercien de Kappel. Outre ses cours habituels, il donne des conférences publiques au cours desquelles il élabore de façon autonome la réforme de l’exégèse et de la systématique. À partir de 1523, il devient l’ami de Zwingli. Bullinger reprend et approfondit certaines idées de ce dernier, mais Zwingli se sert également des idées de Bullinger.
De 1529 à 1531, Bullinger est prédicateur à Bremgarten avant de devenir « antistes » (directeur) de l’Église de Zurich, fonction qu’il exerce jusqu’à sa mort.

BullingerSon activité principale à Zurich consiste à consolider la Réforme. Il gagne la confiance du conseil de Zurich et parvient pendant plus de 40 ans à maintenir un équilibre entre l’exigence politique de l’Évangile et l’autorité de sa fonction, basée uniquement sur la parole. Il se lie avec un vaste réseau de relations suisses et internationales (une correspondance comprenant plus de 12 000 lettres en témoigne), réalise des réformes sociales et ecclésiastiques et rédige continuellement des écrits théologiques et historiques. Parmi ses oeuvres principales figurent un résumé théologique, « Résumé de la religion chrétienne », et la « Confessio Helvetica posterior » (Confession Helvétique postérieure), de 1562. Il convient de citer également sa collaboration au « Consensus Tigurinus » (Consensus de Zurich) de 1549, dans lequel un accord entre les villes de Genève et de Zurich et donc une doctrine unique réformée de l’Eucharistie sont élaborés.
Au niveau théologique, Bullinger n’est pas particulièrement original, il souhaite surtout transmettre ses nouvelles connaissances. En ce qui concerne le contenu, l’idée fondamentale de sa théologie est le concept de l’Alliance, inspiré de Zwingli puis sensiblement approfondi. Dans l’évolution de la théologie réformée, l’importance de ce concept ne peut être surestimée. (Pour en savoir plus sur la conception de l’Alliance dans la théologie réformée, cf. la future leçon 15 de ce cours de base.) Le 27 septembre 1575, Bullinger meurt.