| |
|
|
Leçon 4
La confessionnalisation réformée
en Allemagne et en Haute-Allemagne
(Version
imprimable) (Forum
de discussion)
- Introduction
- Martin Bucer et Strasbourg
- Jean a Lasco (Johannes a Lasco) et la Frise orientale
- Les comtés de Bentheim, Steinfurt et Tecklenburg
- Lingen
- Lippe
- Rhénanie et Basse-Rhénanie
- L’Association de Comtes de Wetterau (Wittgenstein,
Nassau-Dillenburg-Siegen, Wied)
- Hesse-Kassel
- Électorat palatin et pays de Bade
- Allemagne de l’Est
- Les huguenots en Allemagne
- Bibliographie
12. Les huguenots en Allemagne
L’Édit de Nantes (1598) donne aux chrétiens protestants
de France la possibilité de vivre en paix, après les guerres
des huguenots. De nombreux huguenots espèrent la conversion du roi Louis
XIV, entre autres parce qu’il est un adversaire du pape. Mais malgré les
démonstrations de dévotion de la part des huguenots, Louis XIV
ne montre aucune compréhension à leur égard. Selon lui,
une coexistence de deux Églises en France menace l’unité du
pays. Ainsi commence, sous son règne, la persécution des huguenots,
qui atteint son paroxysme dans l’Édit de Fontainebleau (1685.)
Cet édit révoque l’Édit de Nantes et interdit le
protestantisme en France passible de peine de mort.
Le résultat est une migration en masse. Plus de 250 000 hommes fuient
la France en direction de l’ouest et du nord. Le principal lieu de passage
est Francfort-sur-le-Main. De nombreux réformés français émigrent
dans la Confédération helvétique, en Grande-Bretagne,
aux Pays-Bas et même aux États-Unis.
En Allemagne, ils trouvent principalement refuge dans les territoires de Brandebourg-Prusse,
Hesse-Kassel, la région Rhin et Main, l’Électorat palatin
et la Franconie. La motivation qui pousse à accueillir des réfugiés
religieux réformés repose sur plusieurs facteurs. D’une
part, la solidarité avec des personnes partageant la même confession.
D’autre part, l’intérêt économique d’un
renouveau démographique pour les régions dépeuplées
par la Guerre de Trente Ans. Les huguenots accueillis sont en majeure partie
commerçants ou artisans. Dès l’automne 1685, le prince électeur
Frédéric Guillaume adopte l’Édit de Potsdam garantissant
aux réfugiés la liberté de s’installer ainsi que
divers privilèges. Environ 20 000 personnes se rendent à cette
invitation et s’installent principalement à Potsdam, Berlin et
dans la Uckermark. À Hesse-Kassel, environ 3 500 « réfugiés » (comme
s’auto-désignent les huguenots) trouvent un nouveau foyer, surtout
dans la ville de Kassel et au nord de cette ville. Bad Karlshafen est une ville
fondée par les huguenots.
Dans cette ville se trouve aujourd’hui le Musée des huguenots
et le siège de l’association allemande des huguenots. En Franconie,
c’est surtout le margrave Christian Ernst qui fait venir des huguenots,
qui assurent un renouveau économique à cette région. La
ville d’Erlangen a en grande partie été fondée par
les huguenots (1686.) En raison des nombreux réfugiés accueillis,
dans plusieurs villes, des paroisses françaises-réformées
voient le jour. C’est le cas à Hambourg, Celle, Hanovre, Hameln,
Leipzig et Stuttgart.

De nombreuses paroisses dans plusieurs Églises régionales
en Allemagne remontent à la tradition huguenote. C’est le
cas de l’Église protestante réformée (« Synode
des Églises protestantes réformées en Bavière
et en Allemagne du nord-ouest. »), de l’Église protestante
de Berlin-Brandebourg, de l’Église protestante de Kurhesse-Waldeck
et de l’Église du Palatinat.
|