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Leçon 4
2. Martin Bucer et Strasbourg Martin Bucer et la ville de Strasbourg ne font que partiellement partie de l’histoire réformée. Car la Réforme dans cette région de Haute-Allemagne représente une Réforme indépendante, parallèle aux Réformes luthérienne et réformée.
Martin Bucer (son vrai nom est Butzer) est né le 11 novembre
1491 à Sélestat, en Alsace. À l’âge
de 15 ans, il devient novice chez les Dominicains, fait des études
de théologie à Heidelberg et quitte le monastère
en 1521 pour devenir d’abord prêtre séculier. Sa participation à la
dispute luthérienne de Heidelberg, en 1518, est décisive
pour Bucer. Depuis cette date, sa théologie est très influencée
par le message de la justification. Entre 1521 et 1523, Bucer se montre
proche du chevalier impérial humaniste Franz de Sickingen, devient
prêtre à Landstuhl et à Wissembourg et épouse
l’ancienne nonne Elisabeth Silbereisen. En 1523, il est excommunié par
l’évêque de Spire en raison de son mariage et de ses
prêches réformés. Il revient dans sa ville natale,
Strasbourg, y devient prêtre en 1524 et développe considérablement
la Réforme, qui y avait été introduite plus tôt
(entre autres par Wolfgang Capito.) Il développe une théologie
qui lui est propre : elle contient des points communs avec celle de Luther
mais Bucer affirme également sa différence. Les traits
fondamentaux de la doctrine de la justification sont présents
chez Bucer : l’homme ne peut pas se délivrer lui-même,
il est profondément pécheur. Mais (et c’est ici que
Bucer se distingue de Luther) cela ne veut pas dire qu’un homme
croyant, et convaincu que seule la grâce de Dieu peut le sauver,
peut cesser de faire des efforts. C’est plutôt l’esprit
de Dieu qui donne aux croyants la capacité de servir leur prochain… et
qui est à l’origine de diverses réformes au sein
de l’Église ou de la société. Quelques années
seulement après le début de son activité, dès
le début des années trente, Bucer est reconnu comme le
réformateur principal dans le sud de l’Allemagne. Il devient
le conseiller de Philippe de Hesse, l’un des princes territoriaux
précurseurs de la Réforme. En général, Bucer
s’engage énormément pour une unification des différents
courants protestants. Il travaille intensément (mais finalement
sans succès) pour parvenir à une entente dans la question
de l’Eucharistie entre les réformés luthériens
de Wittenberg et les réformés de Zurich (desquels il se
sent personnellement plus proche.) Luther n’accepte pas la position
intermédiaire de Bucer et les Zurichois rejettent également
les tentatives d’unification de Bucer après la mort de Zwingli.
Luther obtient finalement un accord (plutôt formel) dans la question
de l’Eucharistie entre Wittenberg et les territoires d’Allemagne
du Sud, qui risquent l’isolement (Concordat de Wittenberg, de 1536.)
Par conséquent, une majorité des territoires d’Allemagne
du Sud se tournent vers la confession luthérienne.
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