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Leçon 4
La confessionnalisation réformée en Allemagne et en Haute-Allemagne
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  1. Introduction
  2. Martin Bucer et Strasbourg
  3. Jean a Lasco (Johannes a Lasco) et la Frise orientale
  4. Les comtés de Bentheim, Steinfurt et Tecklenburg
  5. Lingen
  6. Lippe
  7. Rhénanie et Basse-Rhénanie
  8. L’Association de Comtes de Wetterau (Wittgenstein, Nassau-Dillenburg-Siegen, Wied)
  9. Hesse-Kassel
  10. Électorat palatin et pays de Bade
  11. Allemagne de l’Est
  12. Les huguenots en Allemagne
  13. Bibliographie

 

4. Les comtés de Bentheim, Steinfurt et Tecklenburg

Le comté de Tecklenburg devient luthérien en 1541, sous Konrad de Tecklenburg. Après la mort de ce dernier, le comté de Tecklenburg appartient, à partir de 1557, à la maison Bentheim, qui possède également le comté de Steinfurt, où la Réforme luthérienne a été introduite en 1544. Après la mort du comte protestant Arnold, en 1553, son fils Everwin III, plutôt détaché des questions religieuses, lui succède. Il meurt jeune, à l’âge de 26 ans (en 1562.) Ce n’est pas son fils Arnold mais sa femme, la comtesse Anna de Tecklenburg, de confession luthérienne, qui lui succède. En 1573, Arnold épouse Magdalena de Neuenahr (de foi réformée) et gouverne les comtés de Bentheim et de Tecklenburg à partir de 1577. Au plus tard en 1576 (probablement dès 1573), la jeune famille du comte peut être considérée comme « réformée. » Dans d’autres villes et villages du comté de Bentheim, le courant réformé protestant s’impose également. À l’automne 1587, le comte Arnold II invite des prédicateurs réformés du comté et d’autres régions à Tecklenburg pour mettre en place un nouveau règlement ecclésiastique (d’après l’exemple du règlement ecclésiastique de Moers / Basse-Rhénanie.) Ce règlement est établi et introduit officiellement en 1588, à Tecklenburg et dans le comté de Bentheim. À partir de 1591, il est également appliqué dans le comté de Steinfurt. Il comprend entre autres la suppression des images et des autels dans les églises, la suppression du baptême d’urgence et le remplacement des hosties par du pain pour l’Eucharistie. Les fidèles célèbrent désormais l’Eucharistie assis à des tables. Dans les années suivantes, les autels sont petit à petit retirés des églises. À partir de 1588 s’effectue, à Bentheim et à Tecklenburg, un passage progressif du courant luthérien au courant réformé. Dans certains cas, on préfère attendre quelque temps afin de mieux préparer les paroisses aux changements. Le changement de confession s’achève autour de 1598. C’est également en 1588 qu’Arnold II fonde une école de latin à Schüttorf. En 1591, elle est transférée à Steinfurt puis agrandie pour devenir une université avec des facultés de droit, de théologie, de philosophie et (à partir de 1607) de médecine. Conrad Vorstius, Jean Althusius et Jean Henri Heidegger font partie des professeurs de cette université.
Après la mort d’Arnold II en 1606, son fils Arnold Jobst devient comte de Bentheim. En 1613, il introduit le Conseil ecclésiastique supérieur comme institution de supervision religieuse, qui lui est directement subordonné. Cette autorité est composée d’un théologien qui la préside, d’un juriste et de deux fonctionnaires administratifs. Au cours de la même année sont rédigés les « Douze Articles », une courte confession de l’Église réformée de Bentheim résumant brièvement la doctrine orthodoxe réformée.

Extrait de la confession de Bentheim (1613)

VIII. L’efficacité du mérite de Jésus-Christ
Tu crois qu’en dehors de Jésus-Christ, le salut n’existe pas et ne peut être atteint. Tout comme les pères de l’Ancien Testament ont été justifiés et délivrés par leur foi en la venue de Jésus-Christ, nous sommes également justifiés et délivrés, dans le Nouveau Testament, par la foi en Jésus-Christ qui s’est sacrifié.

***

Questions pour un travail plus approfondi

En plus du message caractéristique des confessions réformatrice et réformée que nous pouvons uniquement être délivrés par Jésus-Christ, on remarque, dans ce petit article, la relation qui est établie entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

1. L’Ancien Testament est-il dévalorisé ou présenté de façon négative par rapport au Nouveau Testament ?

2. Le salut existe-t-il uniquement pour les chrétiens ?

3. Quelle relation lie Jésus-Christ à l’Ancien Testament ?

 

En 1668, le comte Ernst Guillaume, fils et successeur d’Arnold Jobst, se convertit au catholicisme romain, après avoir été de plus en plus marqué par l’évêque Bernhard von Galen, de Münster. L’Église du comté traverse une crise sévère car des moyens contre-réformateurs importants sont mis en oeuvre (entre autres remplacement du prédicateur de la cour, persécution de pasteurs et non-attribution de moyens financiers.) Ce n’est que grâce aux pourparlers concernant la succession d’Ernst Guillaume, en 1693, que ces mesures sont révisées. En 1701, le comté de Bentheim est de nouveau réformé. Mais le prince de ce territoire, Maurice Guillaume, un neveu d’Ernst Guillaume, reste catholique romain, de sorte que l’Église réformée a une autorité catholique romaine.
Dès 1709 est rédigé un nouveau « règlement ecclésiastique de Bentheim » (selon l’exemple du règlement ecclésiastique du comté de Lingen, de 1678), qui sera en vigueur jusqu’en 1971. Ce règlement comporte des conseils pour l’enseignement et la vie dans les paroisses. Certains de ces conseils sont appliqués jusqu’à la deuxième moitié du XXe siècle (comme la liturgie catéchiste) ou même jusqu’à nos jours (comme la visite à domicile obligatoire.)
Les paroisses réformées du comté de Bentheim forment aujourd’hui une union synodale au sein de « l’Église protestante réformée. Synode des Églises protestantes réformées en Bavière et en Allemagne du nord-ouest. »
Au cours du XIXe siècle naissent, dans le comté de Bentheim, des paroisses réformées libres, surtout comme courant en opposition à la théologie rationaliste (marquée par des théologiens hollandais.) Ces paroisses s’appellent « les isolés » ou les « réformés anciens » (aux Pays-Bas, il existe un mouvement parallèle, plus important.) En 1838, la première de ces paroisses est fondée à Uelzen, d’autres suivent. Cette évolution provoque de vives tensions, des controverses et des conflits qui ne se sont résolus que vers la fin du XXe siècle grâce au rapprochement des Églises. L’Église « protestante réformée ancienne » comprend 14 paroisses et est particulièrement présente dans le comté de Bentheim (huit paroisses.) Cinq de ces paroisses existent en Frise orientale et une dans la ville de Wuppertal.

 

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