3. Confessions de foi de la Réforme calviniste

En 1536, Jean Calvin arrive à Genève, ville libre ne faisant alors pas partie de la Confédération helvétique (cf. leçon 3.) Au cours de la même année, il commence à écrire le Premier Catéchisme de Genève. Ce catéchisme représente pour l’essentiel un extrait de la première édition de l’Institutio Christianae Religionis (Insitution de la religion chrétienne) de Calvin, également publiée en 1536. La recherche contemporaine a permis d’établir que la Confession de Genève de 1537, longtemps attribuée à Jean Calvin, a en réalité été rédigée par Guillaume Farel, qui avait fait venir Calvin à Genève. Les 21 articles de la Confession de Genève constituent le fondement de la doctrine réformée à Genève. Comme à Bâle, les citoyens (masculins) étaient tenus de donner leur accord à sa ratification par le conseil de la ville en 1537. Mais ce devoir de consentement provoque cependant des querelles à Genève.


Gravure de Genève

En 1538, Calvin est expulsé de Genève mais en 1541, on lui demande de revenir pour achever la conversion de la ville à la Réforme. En 1542, Calvin remplace son premier Catéchisme de Genève de 1536 par le Catéchisme de Genève, rédigé d’abord en français puis, en 1545, également en latin. Avec ses 55 paragraphes et 373 questions et réponses, il est principalement adapté à l’enseignement à la jeunesse mais est également utilisé pour résumer la doctrine réformée en vigueur à Genève. Le catéchisme de 1542/1545 devient le catéchisme déterminant pour les paroisses réformées francophones. Il est traduit en plusieurs langues et sert également de modèle pour le Catéchisme de Heidelberg. À Genève, ce catéchisme est utilisé jusqu’en 1788.

Extrait du Catéchisme de Genève, de Calvin (1542 / 1545)

96. Dans quel sens l’Église est-elle « sainte » pour toi ?
Parce que Dieu justifie ceux qu’il a élus et les transforme pour les sanctifier et les rendre innocents, afin que sa gloire resplendisse en eux. Et c’est ce qu’exprime Paul lorsqu’il déclare que Jésus-Christ a sanctifié l’Église qu’il a rachetée pour qu’elle soit resplendissante, pure et sans tâche (Romains 8,30 ; Éphésiens 5,25-27.)
97. Que signifie le terme « universel » ?
Avec ce terme est enseignée l’idée suivante : comme il n’existe qu’un chef de tous les fidèles, ils doivent tous s’unir en un seul corps afin qu’existe une seule Église pour toute la terre, et non plusieurs églises.
98. Pourquoi l’expression « communauté des saints » est-elle ajoutée ?
Cette expression illustre l’idée qu’il existe une unité entre les différents membres de l’Église. Elle indique également que tous doivent ensemble bénéficier des bienfaits que Dieu offre à son Église car ils forment ensemble une seule communauté.
99. Cette sainteté que tu attribues à l’Église, est-elle d’ores et déjà parfaite ?
Pas encore puisque l’Église lutte encore dans ce monde. Elle souffre toujours de ses défauts et ne sera jamais purifiée entièrement des maux qui l’affectent encore, jusqu’à ce qu’elle s’unisse entièrement avec Jésus-Christ, son chef, par qui elle est sanctifiée.

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Questions :

1. Dans le paragraphe traitant de l’Église, Calvin interprète également le Credo Apostolique. Que remarquez-vous à la lecture du paragraphe 97 (plus particulièrement en comparaison avec les thèses de Berne, de 1528) ?

2. Dans quelle mesure est-il important pour Calvin de qualifier l’Église de « sainte » ?

3. Selon Calvin (paragraphe 98), le but des bienfaits de Dieu (qui comprennent également les dons et talents des membres de la paroisse) est l’union des fidèles. Que cela pourrait-il signifier ?

 

Pendant les premières années de leur existence, les paroisses protestantes en France ne sont pas organisées de façon centralisée et n’ont pas de doctrine commune. Suite à une polémique sur la doctrine de l’élection en 1558, naît le désir d’une confession commune. Lors du synode national clandestin de Paris (1559) réunissant les délégués de 50 paroisses, sont adoptées la Confessio Gallicana (Confession de foy) rédigée principalement par Calvin et la Discipline ecclésiastique correspondante. En 1569, la confession de foi est ratifiée lors du synode de La Rochelle, c’est pourquoi on l’appelle parfois « Confession de La Rochelle. » La Confession de La Rochelle a une grande influence en France et, après la migration des huguenots, également dans d’autres régions d’Europe.